Interventions archéologiques sur l’île des Sœurs

Site LeBer

 

À l’automne 2014, pendant les mois de septembre et d’octobre, Ethnoscop a reçu le mandat de procéder à une fouille archéologique intégrale à l’intérieur des limites de l’ancienne enceinte de la ferme LeBer sur l’île des Sœurs. Le site était menacé par la construction du nouveau pont sur le Saint-Laurent. De plus, un inventaire archéologique a permis d’explorer le site au nord et à l’est de la ferme. Jacques Leber a établi cette exploitation agricole sur l'île vers 1664 et celle-ci fut abandonnée 126 ans plus tard, alors que les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame la possédaient.


L’intervention archéologique a mené à la découverte d’objets et d’un foyer amérindien datant du Sylvicole supérieur (1 000 à 1 500 apr. J.-C.) ainsi que de quelques éléments plus anciens. En ce qui concerne l’établissement agricole, on y a notamment trouvé les vestiges du manoir seigneurial, d’une étable, de la boulangerie et du mur d’enceinte est de la ferme. On a aussi mieux compris l’organisation intérieure de l’établissement et des activités des fermiers de l’époque. L’étude de la collection d’artefacts et d’écofacts mise au jour a en outre permis de constater que la ferme était une exploitation agricole prospère où les gens maintenaient un niveau de vie relativement aisé.


Cette intervention a aussi permis d’étudier le contexte global à l’intérieur duquel l’établissement agricole de Jacques LeBer fut opéré. On a notamment pu réfléchir sur sa place dans la région montréalaise, ainsi que sur sa situation dans l’ensemble de la vallée du Saint-Laurent. Avant-gardiste, un laïc exploitait cette ferme dont la production se destinait au commerce, contrairement aux établissements agricoles religieux destinés à subvenir aux besoins d’une communauté. Cette étude a aussi permis de constater que le domaine de Jacques LeBer se comparait à ceux détenus par la petite noblesse de France.