Autoroute Bonaventure

Rue Wellington (BiFj-48), la Grange des Pauvres (BiFj-56), La Montreal Warehousing Co. (BiFj-64), Griffintown (BiFj-67) et le site du Moulin à Vent (BiFj-75)

 

Le projet de transformation de l’autoroute Bonaventure en boulevard urbain passe difficilement inaperçu à Montréal. Ce qui est peut-être moins visible, c’est qu’Ethnoscop a piloté les nombreuses interventions archéologiques préalables aux travaux et nécessaires alors que les excavations étaient en cours, et ce, entre 2011 et 2017. Les archéologues sont donc intervenus sur cinq sites archéologiques différents révélant plusieurs occupations domestiques remontant jusqu’au 2e quart du XIXe siècle. On y a trouvé plusieurs vestiges associés à des résidences et à leurs dépendances, ainsi que des installations sanitaires et un puits. En fait, c’est environ une vingtaine de latrines, véritables fenêtres sur l’intimité des habitants de Griffintown, qui ont été découvertes et fouillées. Celles-ci couvraient tout le XIXe siècle et le début du siècle suivant. Les artefacts et écofacts découverts dans les couches d’occupation et dans les latrines témoignent généralement de conditions de vie relativement élevées, si on les compare à la moyenne des gens de l’ensemble du quartier considéré comme l’un des plus pauvres à Montréal.

 

En plus des nombreux contextes domestiques, les interventions archéologiques ont livré des vestiges de bâtiments commerciaux, artisanaux et industriels telles que la tonnellerie Linton et des hangars. On y a aussi trouvé des vestiges de la Grange des Pauvres du fief Nazareth, utilisée à partir de la fin du XVIIIe siècle, puis réutilisée plus tard par Thomas McCord. Les vestiges de deux moulins à vent datant de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle y ont aussi été découverts. Exceptionnellement rares en contexte archéologique au Québec, ces moulins ont de plus livré des bâtiments qui leur étaient contemporains, dont la maison du meunier et ses latrines, ainsi que des couches d’occupation.