Place du Canada

Ancien cimetière catholique Saint-Antoine 1799-1854 (BiFj-37)

 

Entre 2012 et 2015, la Ville de Montréal a entrepris le réaménagement de la place du Canada, ainsi que de la rue de la Cathédrale à l’est, d’une partie du boulevard René-Lévesque au nord et de la rue Peel à l’ouest. L’ensemble des travaux comprenait la plantation, la transplantation et le cernage d’arbres. Les conduites d’égouts et d’aqueduc, tout comme les services de télécommunications sous les chaussées des rues, ont été refaits. À l’intérieur de la place, on installait de nouveaux lampadaires, des escaliers, des sentiers et des caniveaux. Enfin, le long des rues, les trottoirs étaient reconstruits. Ethnoscop a alors reçu le mandat de procéder aux interventions archéologiques préalables et parallèles aux excavations.


Le site archéologique du cimetière Saint-Antoine (BiFj-37) englobe le Square Dorchester, la place du Canada et les rues adjacentes. Ce vaste espace correspond à l’ancien cimetière catholique Saint-Antoine, utilisé entre 1799 et 1854. Ce deuxième cimetière de la ville fut le lieu de repos de plus de 50 000 montréalais. À la suite de sa fermeture, durant les années 1870, quelques campagnes d’exhumations hâtives furent réalisées sous la pression exercée par la spéculation foncière. Celles-ci soulevèrent l’ire de la population et incitèrent la Ville de Montréal à protéger le site en le transformant en parc.


Les interventions archéologiques de 2012 à 2015 ont mené à la découverte de plus de 640 sépultures. L’étude de la disposition des cercueils et des ossements prélevés lors des fouilles a permis à Ethnoscop de constater à quel point le cimetière fut densément utilisé. Ceci forçait les fossoyeurs à rivaliser d’ingéniosité afin d’organiser les mises en terre de façon à maximiser l’espace. On y constate donc que le résultat constitue un cimetière plus ou moins ordonné. L’analyse a aussi permis de reconnaître quelques lots familiaux ou d’inhumations groupées, alors que cette pratique en était encore à ses balbutiements avant la seconde moitié du XIXe siècle. Auparavant, les inhumations individuelles constituaient davantage la norme. L’analyse ostéologique d’un échantillon de la collection a aussi permis de porter un regard exceptionnel sur la santé et les conditions de vies des gens qui y ont été mis en terre. Enfin, les recherches ont révélé que d’intenses bouleversements sont survenus depuis la fermeture du cimetière et qu’à l’exception des défunts, il ne reste pratiquement pas de vestiges bâtis de ce cimetière.